Le four banal d’Arvieux

Elisabeth, qui a participé à un atelier a l’oeil bien ouvert pendant ses vacances : de passage à Arvieux dans le Queyras elle a repéré pour nous ce magnifique four de village. Il en reste, paraît-il, beaucoup dans la région.

mais c’est quoi un four banal?

Le mot « ban » provient du vieux germain « banna » qui signifie « commandement »

La construction des banalités faisait appel à des connaissances techniques et exigeait une importante durabilité, ce qui impliquait des dépenses importantes. Les habitants n’avaient donc pas les moyens de construire un four, un moulin, ou un pressoir.

Ces constructions essentielles sont présentes dans chaque village. Durant les combats, les banalités étaient endommagées par les assaillants. Les réparations, longues ou inachevées privaient la seigneurie de ressources économiques et alimentaires.

Plus tard avec l’accord du seigneur, certains bourgeois fabriquèrent des fours chez eux. Les habitants continuaient de verser une redevance au seigneur mais pouvaient accéder au four plus régulièrement.

Les différentes taxes, dont le ban, disparaîtront progressivement jusqu’à cesser d’exister après la Révolution française. Les fours banaux deviendront des fours communaux mais leur utilisation perdurera plusieurs siècles.

(source : Wikipedia)

et aujourd’hui ?

Les noms de lieux, de chemins et de coutumes restent bien ancrés dans l’usage populaire, souvent durant des siècles, même s’ils n’ont plus de justification. On ne parle plus guère de droit de tonlieu ni de cens mais l’adjectif banal est resté en usage car il est souvent associé aux moulins, fours et pressoirs qui ont subsisté dans notre paysage et ont très souvent continué à être des points de repère.

Le souci d’une alimentation naturelle, locale et bio, renforcé par les crises climatiques et sanitaires ont réveillé et renforcé l’intérêt pour ces patrimoines. Ils ont favorisé l’éclosion de groupes locaux à la recherche de meilleures valeurs. Au moment où la bétonnisation s’attaque à faire disparaître ces derniers témoins d’autres les redécouvrent et les remettent en lumière, à la recherche de pratiques plus saines : des moulins sont restaurés, remis en état et produisent; des villages défendent leurs derniers fours et les font revivre et dans les villes des citoyens en construisent de nouveaux.

Vous avez dit banal?

découvrir et faire connaître nos fours


Vous êtes en vacances, en excursion …
Sur votre parcours vous découvrez un four, un moulin à eau ou à vent, une boulangerie qui en vaut la peine. Bondissez sur votre appareil photo -votre téléphone fera aussi l’affaire- prenez quelque renseignements et faites part de votre découverte, nous en ferons un petit article.

Cet été, en plus, vos clichés seront mis en valeur dans un album. Aucune importance s’ils ne sont pas techniquement parfaits. Rendez-vous sur notre Concours photos de l’été pour plus d’info.

Toutes les photos peuvent aider, n’hésitez pas, cela fait vivre votre site.

Concours photos de l’été

Du 1er juillet au 30 août, lors de vos sorties, vous prenez des photos en rapport avec le pain : fours de campagne, boulangeries ou vitrines originales, métiers de meunerie, beaux champs de céréales, activités en famille…. à votre imagination!
Jusqu’au 15 septembre vous envoyez vos meilleurs – ou vos préférés – clichés (maximum 5) à dupainetdesliens@gmail.com en mentionnant « concours photos » sans oublier votre nom.

Toutes les photos seront publiées dans un album sur le site. Un jury en choisira quelques unes qui seront imprimées et affichées dans le local. Elles pourront aussi servir à illustrer nos futures publications.

Note : pour pouvoir être imprimées ou publiées les images doivent avoir une « définition » suffisante, minimum 1200 x 1200 pxl, soit entre 2 à 4 Mo environ. Si vous photographiez avec un téléphone choisissez une qualité suffisante.


Bonnes vacances à toutes et tous !

Journée festive le 21 septembre

🔥Porte ouverte au four à pain 🔥

🎉INVITATION À NOTRE JOURNÉE FESTIVE🎉

🥖 Venez partager un moment convivial autour du four à pain du parc Duden !

📅 Date : dimanche 21 septembre 2025
🕘 Heure : de 13h à 17h
📍 Lieu : Le four est situé au centre du parc Duden, derrière le stade Marien de l’Union Saint-Gilloise. Il est aisément accessible à pied et en transports en commun. (le bus temporaire 74 s’arrête aussi à « Union »)

plan du parc Duden avec repères
plan d’accès

AU PROGRAMME :

🍞 Cuisson et dégustation de pizzas au feu de bois – de 13h à 15h
🥖 Tartines de pain au levain, confitures maison et beurre de ferme : à savourer à l’heure du goûter. Un parfum d’enfance et de terroir à chaque bouchée, ensemble autour d’une grande table !
👨‍🍳 Atelier craquelin (les enfants apprennent à faire un craquelin – environ 25 mn) – de 15h à 17h

🧡 Un moment chaleureux à vivre en famille ou entre amis !

📢 Entrée / participation libre – bienvenue à tous !

L’âme du pain

Un matin d’été, dans une cuisine baignée de lumière, un enfant observe son grand-père. Les gestes sont lents, sûrs, presque rituels. Le vieil homme ne parle pas beaucoup, mais ses mains racontent une histoire. Il prend la farine, la tamise doucement. Il ajoute l’eau, le sel, le levain qu’il entretient depuis des années. Chaque mouvement est précis, respectueux. Il ne suit pas une recette : il suit une mémoire.

L’enfant regarde, curieux. Le grand-père lui tend la pâte. « Vas-y. Sens. C’est vivant. » Et l’enfant plonge ses petites mains dans la pâte tiède. Il rit, il s’applique. À travers cette matière brute, il découvre autre chose : le temps qu’il faut pour bien faire, l’attention, la patience. Et surtout, la joie de faire ensemble. Quand le pain sort du four, doré, croustillant, l’enfant le coupe. Une mie chaude s’en échappe, et un sourire aussi. Ce pain-là a le goût de l’enfance, du lien entre les générations. Il est un livre sans pages, un héritage sans mots. Un souvenir qui ne s’oubliera pas.

Le pain transmis

Le pain dans les mains d’un grand-père
N’est plus seulement pain — il est mémoire.
Il porte le sel de ses années,
Et le silence tendre de ses savoirs.

Il ne dit pas « voilà comment on fait »,
Il montre, et l’enfant comprend.
Car entre leurs mains, la pâte devient
Le fil invisible du temps.

Et quand la croûte craque sous le couteau,
Ce n’est pas qu’un pain qu’on partage,
C’est un monde ancien qui continue
Une histoire chaude entre deux âges.

En mémoire du poète Francis Ponge (1899 – 1988)